Styles
Liuhe Quan
Egalement appelé ‘boxe des six coordinations‘, en référence aux six harmonies caractérisant sa pratique, le style Liuhe Quan fait partie de la maison du Liuhe, qui comporte également les styles du Xin Yi Liuhe Quan et du Bagua Zhang.
Appartenant à la famille des styles Shaolin du Nord par ses éléments techniques, le Liuhe Quan est donc un style externe et privilégie un travail basé sur des mouvements souples partant des hanches.
Le style est composé de techniques de frappes, mais également de techniques de clés et de projections.
Coordonner les mains et les pieds
Coordonner les coudes et les genous
Coordonner les épaules et les hanches
Harmonies internes
Coordonner le coeur (esprit) et l’intention
Coordonner l’intention et le qi
La boxe du Liuhe comporte plus de trente taos, dont une dizaine à mains nues, seul ou à deux.
Les armes maniées sont les armes traditionnelles du kung fu, soient le bâton, le sabre, l’épée, le crochet, le nunchaku à trois sections, le poignard, la chaine et la lance, dont il existe trois tailles différentes. Cette dernière tient une place particulièrement importante dans le style, son fondateur Yue Fei étant un grand spécialiste de son maniement.
A noter que certaines armes peuvent également être maniées par paire (double sabres, double poignards, double lances, etc.).
Le Liuhe Quan trouve ses origines dans les techniques de combat enseignées par Yue Fei. Ce dernier reçoit dès son jeune âge l’enseignement martial de Zhou Tong, un lettré disciple du Shaolin du Nord. C’est pour cette raison qu’on associe généralement le style Liuhe à la boxe du mythique temple de Shaolin (littéralement « le temple de la petite forêt »).
Zhou Tong, qui occupe un poste de mandarin à la cour impériale, décide un jour de quitter ses fonctions pour retourner à la vie civile, lassé par la corruption qui règne au sein de la cour. Dès lors il entreprend un périple qui le mènera aux quatre coins de la Chine. Doté d’une grande culture et d’une extraordinaire maîtrise des arts martiaux, Zhou est alors considéré comme un grand maître.
Les annales de l’époque mentionnent qu’il a eu de nombreux disciples et que Yue Fei fut le « Guanmen dizi », le disciple qui ferme la porte, c’est-à-dire le dernier. On dit aussi que Zhou Tong aurait transmis la totalité de son savoir à Yue Fei. C’est grâce à l’enseignement de son maître que Yue Fei deviendra un redoutable guerrier, admiré pour ses prouesses martiales et stratégiques sur les champs de bataille. Par la suite il perfectionnera le maniement de la lance avec Cheng Guang et étudiera le Yingzhua quan avec le moine Liquan.
Aussi habile combattant à cheval qu’à pied, Yue Fei perfectionne et développe le maniement de la hallebarde et de la lance. Entre 1131 et 1141 ap. J.-C., il synthétise et codifie ses connaissances et crée une série d’enchaînement à mains nues destinées aux soldats. Ces enchaînements sont à l’origine du Yueshi lianquan ainsi que du XingYi Quan et du Liuhe Quan. Pour cette raison, il est considéré comme l’un des ancêtres fondateurs des arts martiaux chinois, et plus particulièrement le père du style Liuhe Quan.
Les premières informations écrites et détaillées concernant le Liuhe Quan sont contenues dans les « Annales des arts martiaux du comté de Cangzhou ».
On y raconte qu’à la fin de la dynastie Ming, le Liuhe Quan se transmet dans la région de Cangjing. Les annales racontent comment un célèbre guerrier, nommé Zhang Ming, tombe malade sur la route qui le mène à Qingzhen Balizhuang ce qui l’oblige à s’arrêter à Putouzhen. Là, un villageois nommé Cao Zhenpeng (un Chinois de confession musulmane) le recueille et le soigne. Grâce aux soins attentifs de Cao, Zhang recouvre peu à peu la santé.
Une fois remis sur pied, Zhang décide d’enseigner le Wushu à Cao pour lui exprimer sa gratitude. C’est ainsi que Cao Zhenpeng apprend le Liuhe Quan avant de le transmettre à son fils Cao Peng.
A son tour, Cao Peng aura plusieurs disciples parmi lesquels Shi Jinke, Shi Changchun, Zhang Maolong. Jusque là, le style se transmet de manière confidentielle à un nombre limité d’élèves conformément au souhait de Zhang Ming.
Mais à partir de la 4ème génération, des maîtres décident d’ouvrir l’enseignement à davantage d’élèves. En particulier Shi Jinke qui acceptera une vingtaine de disciples. Parmi ces derniers, Li Guanming qui s’installe à Cangzhou où il commençe à enseigner le Liuhe Quan.
Cangzhou constitue le point de départ de la diffusion du style dans la province du Hebei. Un des disciples de Li Guanming, Li Fenggang, transmet à son tour son savoir à Liu Dekuan qui sera le premier à enseigner le Liuhe Quan à Pékin.
On compte aujourd’hui plusieurs branches disséminées dans toute la Chine : Hebei, Beijing, Shanghai, Fujian, Taiwan, Hong Kong. Pour sa part, l’école Wuhun enseigne le Liuhe Quan de la branche pékinoise enseigné par maître Ma Yuqing à sa disciple Liu Yugui.
Représentants
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